GaztEKaitza II

Exposition

Cinq années se sont écoulées depuis l’organisation de l’exposition GaztEKaitza. Nous avons souhaité réinviter les quatre artistes participants alors.

De nouvelles voies ont-elles été ouvertes, des changement, des transformations… où en sont les tourments et tensions internes qui ont donné lieu à ce titre à double sens?

Les quatre artistes lapurtar ont accepté l’invitation: Béatrice Elso (Itsasu), Muriel Platero (Baiona), iF (Uztaritze) et Viviane Michel (Milafranga).

Les dessins à l’encre, les œuvres mélangeant différentes techniques (encre, huile, collage…), les peintures acryliques et les sculptures en métal se partageront les salles de la prison des évêques de Donibane Garazi du 4 octobre au 1er novembre

(11:00-12:30 / 14:30-18:30. Fermé le mardi).

Inauguration le 4 octobre à partir de 18:30.

Viviane Michel

Les ouvrages de Viviane Michel vous touchent au cœur.

Chacun de ses ouvrages est une histoire intime, une étape franchie vers la découverte du sens, vers la connaissance de soi.

Je parle d’”ouvrage” car Viviane Michel réalise un travail méticuleux et dense. Telle une artisane, à petites mains, elle taille, tisse, trace, souligne, tricote, suture, relie, crayonne,... mêlant à la fois spontanéité, légèreté et labeur au long cours.

Viviane Michel compose son jardin singulier de façon sensible en détournant les différentes techniques (dessin, couture, photogravure, tricotage, tissage…) pour les adapter à sa mythologie.

Ses ouvrages nous attirent d’abord par la révélation d’un paysage fantastique, par leurs expressions de douceur et leurs délicatesses, par ce qu’ils exposent d’émotions et de lyrismes.

En se rapprochant, on découvre une poésie intime du dessin, une profondeur dans la finesse du trait, une approche subtile du sensible.

Viviane Michel sème des indices dans son espace narratif s’inspirant de son environnement, de la nature, utilisant fleurs et plantes, animaux, corps et objets comme autant de symboles pour suggérer ses sentiments. Monde extérieur et univers intérieur confluent avec grâce et pudeur dans une représentation expressive et une narration vibrante. (texte: Isabelle Rousselot)

Béatrice Elso

Béatrice Elso développe de façon soutenue un univers onirique de haute densité poétique et de facture expressionniste bien CRU. Provocation à la jouissance d’une pensée dessaisie de tout repère rationnel Jouissance succulente dans la présentation d’un monde totalement incongru, goûteux, dans lequel les trous et les liquides du corps remplissent avec vigueur leurs troubles fonctions érotiques.

Le dessin est d’évidence son langage corporel.

Elle tire à main levée un trait monolithe jusqu’à son aboutissement fantastique.

Étrangeté, luxuriance, légèreté, fantaisie, renouvellement perpétuel du jeu imaginaire…

On retrouve dans le langage résolument contemporain de Béatrice Elso les consonances ludiques d’une enfance à ciel ouvert dans un climat de cruauté féroce et tendre... (texte: Guy LAFARGUE)

Muriel Platero

Muriel Platero explore l’humain de manière figurative et à travers différents angles: en recherchant les limites de ce qui sépare l’humain de l’animal, en abordant sa spiritualité, ses pensées, ses ressentis, et en explorant sa chair et son corps (dans quelle mesure celui-ci est contrôlé par l’esprit et dans quelle mesure il ne l’est pas).

Les corps sont en souffrance ou en mauvaise posture… ils tendent à se rapprocher de ce qu’ils sont vraiment, de leur essence, et à s’éloigner du paraître.

Ces œuvres n’apportent pas de réponses, elles posent seulement des questions.

Muriel cherche, en fin de compte et tout simplement la part d’humanité de l’être humain.

iF

iF a prit le sujet universel de la Liberté comme axe de travail. De l’apologie des amours et corps interdits (Arrak eta garrak, 2011) il nous emmène vers la contestation d’un Monde qui se dit Libre alors que son économie est basée sur la guerre et sur la négation des droits fondamentaux (Isilduak, 2012). Ainsi la condition humaine est exposée sans détours via des corps immobilisés par des liens invisibles.

Mais les dernières Isilduak laissent apparaitre une touche d’espoir. La couleur revient en force et avec elle, le mouvement. Toutes ne sont pas prêtes à accepter cette condition d’otage.

Et c’est au tour d’Hirisilduak de prendre le relais d’Isilduak et de ramener le sujet universel à la lecture d’un exemple concret: l’organisation territoriale, l’urbanisme. Un Monde. Non. Deux Mondes apparaissent devant nos yeux. L’un en contradiction avec l’autre. La ville condensée (maisons en continu, services de proximité, lien social, économie locale) d’une part et la ville fonctionnelle (individualisme, cité dortoir et voies sans issue, apparence et propriété privée, élitisme, stérilisation de l’environnement) d’autre part. C’est la seconde qui nous est imposée de façon généralisée et avec force, la première étant considérée anachronique. Les liens sociaux sont remplacés par l’individualisme et ses liens, ses chaines. Chaque maison individuelle, avec son jardinet tout autour devient une petite prison, autant pour ceux/celles qui y vivent que pour ceux/celles qui circulent à l’extérieur. Prisonnier.e.s dans une supposée liberté…

Lieu: Prison des évêques

Ville: Donibane Garazi

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